Balkans Tour 2016

Voyage dans les Balkans – 18 juillet/2 août

Des idées pour un voyage dans les Balkans à moto? voici un compte rendu de 16 jours de voyage de Toulouse à la frontière albanaise, qui devrait selon vos envies et motivations vous coûter 6800km de mal aux fesses, plus que largement compensé par les sensations ressenties à travers tous les paysages traversés. Le voyage a été fait en solo de Toulouse à Dubrovnik (2400km), le reste en duo. Crédit photo : ma pomme avec un modeste appareil. Crédit cartes : viamichelin. Crédit moto: F800 GS adv

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Day 1: Toulouse-Annot (620km)

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Que du très connu, mais toujours plaisant: Larzac, Cévennes, Mont Ventoux, Plateaux de Provence avant la récolte de la lavande, et région de Dignes

Day 2: Annot – Modena (610km)

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On attaque les Alpes du Sud par les gorges du Daluis, le col de Roubion, et le passage vers l’Italie pour le col de la Lombarde, très beau côté italien, moche côté français avec la station d’Isola 2000 plutôt mal intégrée au paysage. La descente vers la côte génoise par l’autoroute de Cuneo à Savona, avec ses courbes parfaites est un vrai plaisir (de pilotage uniquement). Un passage par le parc de Cinque Terre. la bonne surprise du jour est la traversée d’une région de moyenne montagne entre La Spezia et Modena, 150km de vrai plaisir de pilotage, mais cette fois-ci aussi pour les yeux

Day 3: Modena – Sveti Juraj (560km)

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Je vous épargne la lassitude de l’autoroute de Modena à Trieste en plein cagnard (entre 33 et 38 degrés), pour enfin arriver après quelques kilomètres en Slovénie sur le territoire Croate. Les premières îles commencent à illuminer les paysages à partir du village portuaire de Bakar, et ne vous quittent plus tout le long de la descente de la côte adriatique. Des centaines de kilomètres d’une route magnifique où le plaisir de pilotage vient flirter avec le plaisir des yeux en continu. Pour ce jour, car les fesses brûlent et l’envie de nage dans les eaux calmes de l’adriatique démange, on fera une première pause à Sveti-Juraj, beau village peu fréquenté et pourtant marqué d’une  belle eau claire et de superbe coucher de soleil.

Day 4: Sveti Juraj-Radovcici/Molunat (560km)

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La journée « côte croate express » pour rejoindre la frontière du Monténégro le soir. Pas le temps d’explorer, il faut être à cette frontière le soir pour débuter le voyage en duo dès le lendemain (arrivée de ma belle à l’aéroport). Mais même en express, ce sont 500 km de côte fabuleuse où les îles s’offrent à vous à chaque sortie de virage, avec une variété de couleurs au fil d’une journée caniculaire. Une court passage  par les terres (Obrovac et Penkovac) vous offrent également de somptueux paysages de gorges et d’étangs, mais surtout cette impression de traverser un champ de bataille toujours en reconstruction. On finit par un surplomb de Dubrovnik par une route de crête au coucher du soleil, avant de poser ses valises quelques jours chez Jozo, formidable hôte ayant restaurer une ferme avec vue sur l’adriatique, loin des touristes, entre Dubrovnik et Molunat, point central de 3 boucles autour de la bouche de Kotor

Day 5: Around Dubrovnik (150km)

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Nous voilà en vacances « en duo ». Journée de repos (relatif) pour la moto, baignade dans les eaux claires de l’adriatique, visite de Dubrovnik, avec tous ces touristes déboulés en avion, concentrés dans la vieille ville, puis virée dans le massif de la presqu’île croate qui marque l’entrée de la bouche de Kotor, monument de la nature, fjord monténégrin très impressionnant.

Day 6: Radovcici – Kotor – Lovcen – Skadarsko (410)

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Probablement la journée la plus riche en paysage vertigineux: tour de la bouche de Kotor, et immersion dans deux parcs naturels tout proches. 410km de routes difficiles mais magnifiques. le village de Perast, la route en lacet qui permet de joindre Kotor et le sommet du Lovcen (1600m de dénivelé en lacet), et surtout la rivière qui vient mourir dans le lac de Skardarsko. Probablement une des plus belles images du Monténégro que l’on peut capturer en allant chercher sur Earth les petites pistes de montagne qui permettent de se positionner suffisamment haut pour surplomber les tapis de nénuphars tout en ayant une vue sur la frontière Albanaise. Regret d’un timing trop serré pour partir quelques jours en Albanie, mais impression d’avoir gravi encore une marche dans la hiérarchie des plus beaux paysages du continent européen

Day 7 : Radovcici – Tsra (Durmitor) (420km)

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Longue journée dans les montagnes du Monténégro, avec au programme le canyon de la rivière Tara (plus de 1000m de profondeur, et son viaduc impressionant), et les montagnes du Durmitor. Evidemment un terrain de pilotage « premium », du frottage de repose-pieds (toujours plus facile à deux). Mais surtout une belle surprise de paysage de montagne, moi qui pensais être blasé après le AlpsTour 2015. Le massif du Durmitor, totalement protégé (hormis une station de ski à l’entrée du parc national), offre un sentiment d’éloignement et d’isolement le plus total, une géologie superbe que l’on peut admirer tout le long d’une route très étroite et dangereuse, où vous croiserez peut-être une Zastava Yugo, voiture culte de l’ex Yougoslavie.

Day 8 : Durmitor – Blidinje Park – Mostar (410km)

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Descente matinale et vertigineuse du Durmitor vers les gorges Pivsko Jezero qui nous mène au Nord vers la Bosnie, puis vers l’ouest vers Mostar, par le très beau parc national de Sutjeska où on longe à nouveau une magnifique gorge théâtre de féroces batailles durant la seconde guerre mondiale, comme en atteste le mémorial de Tjentište. L’arrivée à Mostar en début d’après-midi laisse le temps d’un bonus vers le parc national de Blidinje, une boucle de 200km étonnante, entre gorges et plateaux, cascades et lacs ….. Non vraiment, ceux qui s’arrêtent à la côte adriatique commettent définitivement une lourde erreur. La journée se finit par des déambulations dans le vieux Mostar ressuscité, lorsque les bus ont rapatrié les hordes de touristes vers Dubrovnik, lorsque le pont se vide et s’admire pour sa beauté et son histoire, et que les terrasses surplombant la Neretva vous accueillent dans une atmosphère douce et chargée d’histoire.

Day 9: Mostar – Brist (180km)

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Départ de Mostar à l’aube pour rejoindre à nouveau la Croatie par le delta de la Neretva. Sorte de Camargue croate, cette micro-région marécageuse et maraîchère simplement traversée par la route de la côte adriatique mérite qu’on quitte l’axe principal pour rouler tout le long de ses étangs, traverser ses villages, chercher des points de vue en prenant de la hauteur sur des contreforts. Une très belle surprise non repérée lors de la préparation du roadbook, traversée sans y porter attention lors de « l’adriatic Express » de l’aller une semaine avant. Mais après cette immersion de 4 jours dans les terres MonténegroBosnioCroates, l’appel de l’eau claire, baignades et bières fraîches sonne à plein tube, retour sur la côte, masque et tuba.

Day 10: Brist – Skradin (380km)

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La remontée vers la Dalmatie du Nord se poursuit, en alternant côte et arrière pays selon la beauté des lieux repérés sur Earth et au grès de ce qu’offre la vision à travers le casque. Deux incontournables: 1. le parc de Sveti Jure, qui se termine au bout de 23km d’ascension technique par un sommet à plus de 1700m qui offre une vue à 360° sur les îles et terres croates. La descente sous la grêle restera à coup sur dans les deux mémoires planquées sous les deux casques, lesquels se souviennent encore de ce qu’ils ont pris sur la gueule. Pause séchage une fois la chaleur de la côte adriatique retrouvée. 2. Omis, ville de l’adriatique qui apparaît à la sortie d’une  faille qui traverse les montagnes qui longent la côte. L’enchaînement visuel marécage, faille, bleu de l’adriatique et îles en arrière plan est simplement magnifique. Il  ne reste plus qu’à rejoindre Skradin, superbe village niché dans l’un des plus beaux parcs de la Croatie, et savourer bars et daurades

Day 11: Skradin – Pag (280km)Diapositive11

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Dormir à Skradin est certainement la meilleure idée que nous avons pu avoir lors de ce baroud, car cela permet d’aller se baigner sous les cascades du parc de Krka dès 8h du matin avant que les bus, cette fois-ci en provenance de Split, ne déversent ses hordes de touristes par milliers dès 10h du matin. Déambuler et se baigner dans ces cascades a un côté magique. Mais il est tout aussi bien d’aller remonter tout le parc à moto, pour deux raisons. 1. d’autres cascades moins fréquentées s’offrent à vous tout au long de la cinquantaine de kilomètre du parc. 2. vous traversez une dizaine de villages dévastés puis reconstruits, qui semblent reprendre vie petit à petit, sur des plateaux arides magnifiques, de part et d’autre de cette magnifique rivière. Une fois le parc entièrement dégommé, nous rejoignons l’île de Pag, véritable désert de roches blanches et d’eaux turquoises, à explorer au plus tôt le matin dès le lendemain.

Day 12 : Pag – Stevi Juraj (190km)

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Si une dizaine de jours ne peuvent suffire à explorer la foultitude d’îles croates, celle de Pag paraît incontournable. Attention, certains endroits de l’île sont gavés de touristes qui ne bougent pas le cul de leur serviette, mais une fois encore, un bon job en amont sur Earth permet de dénicher des endroits sauvages ou sortir masques et tubas, se foutre à poil tôt le matin pour aller se baigner dans des eaux magnifiques et observer la faune marine. Punaise…. ça me manque déjà!!! Une fois revenu sur le continent par le port de Prizna, descendre vers Karlobag pour emprunter une des plus belles si ce n’est la plus belle route de Croatie vers le col de Ostarijska. De là, vous aurez une vue premium+++ sur les îles croates …. de quoi vous donner envie à nouveau de bars et daurades.

Day 13: Stevi Juraj – Silandro (590km)

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Il y aurait pu y avoir de belles photos si la fin du Day 13 dans les dolomites italiennes ne s’était pas déroulé sous des orages de grêles et des rafales de vent qui vous invitent à tenir bien serré le guidon. Reste une photo de l’étonnant Passo San Boldo, quelque part dans le Piémont Italien. L’objectif, atteindre le pied du mythique Stelvio pour le lendemain matin. Objectif atteint au bout de 600km, dont une grande partie dans les plaines italiennes caniculaires sans intérêt, et une autre sous des trombes d’eaux et des tapis de grêles sur les hautes routes alpines…. je crois que j’ai frôlé le célibat ce jour là …. et encore de plus près le lendemain… 😉

Day 14: Silandro – Saluzzo (par le Stelvio et lago di Como) (480km)

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Day 14 marqué à vie dans la mémoire d’un motard et sa valeureuse passagère. Après deux heures d’hésitation les yeux rivés sur le bulletin du Stelvio, nous nous décidons à entamer l’ascension à 10h. Pour deux raisons. 1. l’éviter rallongeait considérablement et il fallait respecter le timing. 2. Merde!! on est pas arrivé jusque là pour rien. Une chose est sûre, au regard de mes précédentes montées, il y avait beaucoup moins de motards qu’à l’habitude au sommet (une petite dizaine, lorsqu’on en compte un demi-millier en temps aoûtiens normaux). 45 minutes dans le brouillard et la pluie, en compagnie d’un couple d’italiens dans la roue. Chaque lacet bien serré devenait de plus en plus délicat au fur et à mesure de la montée. Arrivé en haut, une petite (et brève) éclaircie au dessus des nuages à 2800m, j’enlève le casque, des larmes, mélange d’émotion, de fatigue, et de relâchement après une nécessaire période de concentration intense. Putain!!! c’était vraiment dur mais vraiment bon, et bravo à la passagère!!! On en oublierait presque à quel point la descente vers Bormio est aussi magnifique. Et comme récompense après une heure de nouveau sous la pluie dans la vallée de Sondrio, un plat de pâte au soleil au bord du lac de Come. C’était oublier les caprices de la météo italienne: parfois plus de 50cm d’eau aux alentours de Turin pour la fin de journée. J’aime bien les arcs en ciel, mais moins les tornades qui les précèdent.

Day 15: Saluzzo – Vaison la Romaine (540km)

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Météo au beau fixe pour ce retour en France, par le passo dello Agnelo qui rejoint le Queyras. Une bmw au milieu des marmottes et sous le soleil. S’en suivent des passages que l’on connaît tous lorsque qu’on aime la montagne à moto : col de Vars, La Bonette (j’ai piquée la photo de déclic photo, je leur filerai pas 20 euros), les gorges du Cians (après le Daluis à l’aller), le Verdon, Le plateau de Valensole, pour rejoindre les contreforts nord du Ventoux puis Vaison la Romaines. De 8h à 22h, mais sous le soleil, quel pied, les repose-pieds ont pu frotter à nouveau. Et au passage, même si on peut s’en lasser et vouloir aller toujours plus loin, l’arrière pays Niçois/varois/Marseillais reste une des plus belles régions d’Europe.

Day 16: Vaison la Romaine – Toulouse (470km)

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Parce qu’il faut bien rentrer, derniers kilomètres par une dernière montée du Ventoux et traversée du sud des Cévennes.

Au final, 6800km, des atmosphères et paysages somptueux, qui confirment qu’il ne sert à rien d’aller à un point B sans voir tout ce qu’il se passe entre A et B, et pas nécessairement en ligne droite, mais en ligne courbe au grès de la topologie des lieux, de l’intuition, et d’un peu de fouille sur image satellite (Earth ou autre). Un grand merci à tous nos hôtes propriétaires de « zimmers » croates, monténégraises, et bosniaques. Toujours un bon accueil, des prix entre 30 et 45 euros pour deux, Schnaps compris. Merci à tous les serveurs et serveuses d’eaux gazeuses et de bières (oui, je mixe les deux maintenant) tout au long de ce beau voyage, et merci à tous les bons cuistos pour les poissons, risottos et pizzas, dégommées tout au long de la route.

Une partie du cerveau est maintenant au boulot, l’autre est déjà en Bulgarie, Roumanie, Carpates et la célèbre Transfagaran…. pour 2017

 

 

2 réflexions sur “Balkans Tour 2016

  1. Wouhaaa Quel voyage !! quel pieds !!
    Super génial , je me suis méga éclater et régalé a te lire sinon regarder tes photos toutes plus belles le unes que les autres !
    Mais quelle aventure !!
    Si je peux me permettre: Petite question ?
    Comment as-tu fais tes traces sur ton itinéraire plan que l’on voit très bien tout le long de ton formidable voyage !
    Du coup , j’ai plein de fourmis dans les fesses avec la folle envie d’enfourcher ma monture et de m’évader !!
    Merci pour ce beau partage !
    Cdt
    w

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    1. Merci Willy pour tes commentaires, et ravi que tu aies pris plaisir à lire ce billet.
      Pour la carto, je suis pas doué sur le web. J’ai reproduit mon parcours avec viamichelin, en sélectionnant villes départ et arrivée, et un maximum de lieux étapes, afin que le tracé soit le plus fidèle possible au parcours réalisé.
      Sinon, je roule sans GPS, à l’ancienne, juste avec des cartes michelin et IGN d’échelles assez précises pour pas me pommer, le tout sur la sacoche réservoir (8 cartes pour ce voyage). Cela oblige à tourner et plier ses cartes sans cesse, mais rouler avec des cartes procure toujours un vrai plaisir. Sinon encore, pour la préparation du parcours, les mêmes cartes et de nombreuses heures à optimiser la qualité visuelle du parcours avec Google Earth et viamichelin, afin d’aller chercher les bons spots grâce aux vues satellitaires. Je fais peu confiance aux guides type routard, toujours focalisés sur les grands axes et les lieux dénaturés par le tourisme. Après l’intuition sur place fait le reste, quitte à tourner parfois en rond, mais tant que les yeux et les pneus se régalent, qu’une piste se présente devant toi, ce n’est pas bien grave, au contraire.
      Bien à toi. Jerome

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